Soir d'orage ...

Publié le par candy

Comme dans un film d'Hitchcock!

Moi qui n'arrête pas de vanter la bonne entente entre mes deux femelles chinoises, j'en ai été pour mes frais. L'autre soir, elles étaient sagement couchées l'une contre l'autre dans leur panier, terrassées de fatigue (elles avaient passé leur journée à se poursuivre comme des folles dans le jardin).

Soudain, Suki se met à grogner sourdement, un grognement sourd que je ne lui connais pas et qui annonce généralement chez les chiens la morsure, vilaine de préférence. Cela ne manque pas. Ses mâchoires claquent dans l'air. Je me retourne choquée : la coupable montre les dents, l'air bien décidé à en découdre avec l'ennemie. L'autre se terre au fond du panier, essaie de se faire toute petite sous la fausse fourrure.

Je gronde Suki, l'apaise, retourne aux dossiers étalés devant moi.

Nouveaux grondements, nouveaux claquements de dents. Cette fois-ci, la menace se précise. Je pense que si Suki avait eu des poils, ils auraient été tout hérissés sur son dos.
Je me retourne de nouveau. Pauvre petite Candy : elle essaie de disparaître complètement sous sa couverture.
Je dispute de nouveau Suki, plus fermement. Elle baisse les oreilles, l'air vaguement contrit, mais je vois son regard briller d'une lueur d'agacement. Elle finit par se taire, pourtant.

Le répit est de courte durée. Je n'ai pas le temps de me rassoir que cette fois-ci, Suki jappe de colère. Je me lève d'un bond, arrache P'tite Candy à l'emprise du monstre hurlant qui va certainement la transformer en peau de chamois dans la minute si je n'interviens pas!

Ce n'est pas possible, cette comédie! Justement le soir où j'ai un boulot monstre! Où les deux affreux ont mis un temps infini à se laver et à filer au lit, où l'orage menace, et si je dois tout débrancher, live-box, ordinateur, je ne suis pas sortie de l'auberge...
Je me réinstalle à ma table de travail, la petite chose tremblante sur mes genoux. Je vais enfin pouvoir terminer ce que j'ai commencé, l'esprit inquiet pourtant, car c'est la première fois que j'assiste à une telle scène entre mes deux chinoises.

Je sursaute tellement quand Suki se met à rugir que P'tite Candy en tombe de mes genoux et file se réfugier dans son panier, tout contre la grande, qui gronde de plus belle, les veines de son cou gonflées sous sa peau. Et là, je les vois, énormes, noires et poilues comme ce n'est pas possible!

Elles quittent le rebord de fenêtre et tombent en piqué sur mes deux chiennes. P'tite Candy replonge frénétiquement sous sa couverture pour s'en protéger tandis que Suki, au comble de l'exaspération, bondit hors de sa couche, toute dents dehors!

J'aurais bien aimé terminer mon récit en disant qu'une bonne dizaine de coups de tapette à mouches nous délivrèrent de ces affreuses bestioles. Hélàs! Pour une mouche de tombée, dix arrivaient de nulle part. Je m'étais tellement plongée dans mes dossiers que je n'avais pas vu venir cette véritable invasion hitchcockienne...

Et dire que je me félicitais de la douceur exceptionnelle de cet hiver. Tu parles, elles se tordent de rire, les larves qui n'ont pas été décimées par le froid!

L'offensive des mouches était lancée. Une vraie armada. Je craignais en m'installant à mon bureau ce soir-là de me retrouver avec une nuque raide... Je suis allée au boulot le lendemain avec ... un tennis elbow! Quant à mes fifilles, je sais qu'entre elles, elles ne prennent pas la mouche. C'est déjà ça!

 

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Publié dans Tranches de vie

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